Critique : Homefront (2014)

Homefront 1

Le bruit des canons.

À l’origine, le projet Homefront, adapté d’un roman policier écrit par Chuck Logan, devait servir de base au chapitre final de la saga John Rambo. Sans doute peu excité à l’idée de replonge une cinquième fois dans la peau de ce personnage, Sylvester Stallone remanie son scénario et le propose à son pote de castagne, Jason Statham. Illico, presto, gaspacho, il enfile sa veste en jean et s’envole, direction la Nouvelle-Orléans, une destination décidément très en vu par les productions à budget limité. Ce qui semble n’être, sur le papier, qu’un énième action-movie permet finalement à l’acteur d’aborder un rôle qu’on n’avait jamais osé lui confier auparavant : celui d’un père de famille. « Je n’ai encore jamais joué un père. La plupart des types que j’ai interprétés jusque-là s’inspiraient de personnages de BD, qui ne faisaient pas preuve de beaucoup d’émotions et qui n’aimaient pas grand-monde en dehors d’eux-mêmes. ». Effectivement, Homefront, derrière ses grosses ficelles et ses incohérences, cache une sensibilité inattendue pour ce genre de production. Le réalisateur, Gary Fleder, (Le Collectionneur, Pas Un Mot, Le Maitre Du Jeu), parvient ainsi à jongler entre les différentes tonalités proposées par le script grâce à un montage au cordeau et une réalisation impersonnelle mais efficace. L’action prime ainsi presque tout autant que l’émotion, les perspectives dramatiques et l’étrange beauté des décors magnifiquement brossés par le chef opérateur, Theo Van De Sande, permettent de rendre, à nos yeux, l’intrigue et les personnages crédibles et vivants. Il y a également beaucoup de délicatesse dans la description de la relation père/fille, chaleureusement entretenue par le duo formé par Jason Statham et sa pétillante jeune partenaire, Izabela Vidovic, et aussi de force dans cette panique qui gagne peu à peu les principaux antagonistes de l’histoire, des ploucs à la Coen dépassés par les événements qu’ils ont eux-même causé. La monté en tension dans la seconde partie du récit est très bien retranscrite sans jamais en faire trop. C’est dans cette atmosphère moite et tendue que se déroule donc cette guerre de territoires pour protéger son foyer des agressions extérieurs et du passé. Ainsi, sans fondamentalement révolutionner le genre, Homefront se révèle être un bon divertissement. (3/5)

Homefront 2

Homefront (États-Unis, 2013). Durée : 1h40. Réalisation : Gary Fleder. Scénario : Sylvester Stallone. Image : Theo Van De Sande. Montage : Padraic McKinley. Musique : Marc Isham. Distribution : Jason Statham (Phil Broker), James Franco (Gator), Izabela Vidovic (Maddy Broker), Kate Bosworth (Cassie Klum), Winona Ryder (Sheryl Mott).

Publicités

11 commentaires

  1. Je voulais le voir dans la semaine à Metz mais il n’était pas diffusé (au contraire de mon Kinépolis de Thionville auquel je n’avais pas le temps d’aller). J’espère qu’il sera encore là demain.

    1. Un bon petit film d’action bien sympa en tout cas. Et les acteurs assurent (Kate Bosworth y-est très étonnante).

    2. De toutes manières, Statham malgré un beau lot de merdes m’a toujours été sympathique, même dans les Transporteurs. Et puis pour une fois ça a l’air plus potable que d’habitude, Stallone ou pas au scénar (parce que les Expandables c’est pas du grand art).

    3. Je suis d’accord. D’ailleurs, j’y suis allé surtout parce que j’aime bien le cinéma proposé par Gary Fleder.

    4. C’est vrai que Le collectionneur était sympa même si j’ai vu à 20 km qui était le kidnappeur. C’est toujours mieux que Le masque de l’araignée. Après mettre un casting pareil dans un film d’action je trouve ça assez amusant comme postulat (le roi de la bourrinade actuel face à James « l’intello d’Hollywood » Franco, Winona « la paumée d’Hollywood » Ryder et Kate « la risée d’Hollywood » Bosworth). Et vu qu’il est encore au cinéma cette semaine je sens que je vais y aller!

    5. Curieusement cela me le fait souvent dans les films policiers cette putain de voix identique à peine pas retouchée pour essayer un minimum de garder du suspense. Cela me l’a fait aussi avec Copycat.

Poster un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s