Critique B.O. : Non-Stop

Non-Stop BO

Ottman en pilote automatique.

Thriller sans grande envergure, Non-Stop marque surtout la quatrième collaboration entre le réalisateur Jaume Collet-Serra et le compositeur John Ottman. La longévité de ce mariage force le respect à l’heure où le cinéma troque volontiers un musicien pour un autre, plus bankable, et ce même si cette union n’a produit jusque là rien de franchement stupéfiant pour les oreilles – hormis peut-être le sympathique travail livré sur Orphan. Ce nouveau score se révèle donc assez rapidement comme le plus aboutit esthétiquement des quatre, quand bien même on soit encore loin d’atteindre les cimes d’un genre ultra codifié. L’album bénéficie d’abord d’un séquençage très particulier dans le sens où il ouvre son programme sur le morceau conduisant le générique de fin. Ce choix éditorial s’explique par la nature profonde de cette pièce qui a tout d’un grand « main theme », entretenant une filiation avec les puissantes musiques d’action des années 90 tout en s’inscrivant au sein d’une écriture de l’électronique contemporaine. Un décollage parfait qui l’est bien trop au regard de ce que nous réserve la suite du vol. Une piste atmosphérique (Damaged Goods), puis une autre (Usual Suspects), puis une troisième, pour, au final, écouter une succession de plages musicales planantes et éthérées. Pas que ces escales soit mauvaises, bien au contraire, elles sont légères, sensibles et plutôt bien orchestrée. En outre, elles se marient parfaitement avec le point de vue dressé par le film sur la nature de l’ennemi (« La musique nécessitait presque toujours de projeter un sentiment d’appréhension, et il était nécessaire de faire en sorte que le spectateur sente la présence constante d’un ennemi sophistiqué. » déclarait Edwin Wendler, programmeur en charge de la musique additionnelle, sur le site Underscore). Mais il s’installe, au fond de notre oreille, un ronronnement qui, de la séduction, bascule lentement vers la désillusion. Il aurait sans doute été plus sage que la sélection mise à l’honneur par Varese Sarabande ne propose non pas l’ensemble des parenthèses atmosphériques, mais une poignée de mélopées emblématiques du travail de composition effectué par John Ottman sur ce thriller. Peut-être que la nature synthétique de la musique se prêtait également moins à un développement aussi poussé  – en comparaison, la partition de James Horner sur Flightplan édité par Hollywood Records se prêtait mieux à ce type d’exercice. Une remarque d’autant plus justifié que l’éditeur s’est permis, dès le départ, de ne pas respecter la chronologie du métrage. Il faudra ainsi attendre F*** It pour obtenir enfin une mise en pratique de l’action. Massées dans les dernières minutes du score, ces puissantes turbulences propulsent suffisamment l’écoute pour nous éviter de piquer définitivement du nez. Une longue traversée qui se clôt par un atterrissage en douceur sur un superbe Epilogue, démontrant ainsi la maitrise mélodique et symphonique d’un musicien qui tient encore bon la barre. (3/5)

Sortie Album : 04/03/2014. Sortie Film (France) : 26/02/2014. Édition : Varese Sarabande. Format : CD. Compositeur : John Ottman. Durée : 53:11

Non-Stop 1

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2 commentaires

    1. « De l’authentique » comme dirait Jean de Florette 😉 Merci beaucoup pour ces compliments 🙂

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