Critique : Players (2013)

Players 1

Mauvaise main.

Après le coup de poker remporté avec sa solide Défense Lincoln, le réalisateur Brad Furman part tenter sa chance sous le soleil du Costa Rica. Players abat très rapidement ses cartes, en nous présentant le monde du poker en ligne tel que se le figure le citoyen lambda drogué aux enquêtes exclusives de ce trublion de Bernard De La Villardière : une zone grise où règne manipulation et corruption, les deux plus grands fléaux de notre siècle derrière Daniela Lumbroso et les ouvertures faciles des sachets de gruyère râpé. Ainsi, après avoir perdu, de manière obscure, sa mise sur un site de jeu en ligne pas très net, Richie Furst va débarquer dans cet univers interlope afin de régler ses comptes avec le fameux Ivan Block, le patron hyper sulfureux du site web. Ce dernier lui propose, sans le dire, d’acheter son silence en lui proposant d’intégrer son business. À ce moment là, on découvre que le réalisateur possède une très mauvaise main. En effet, le scénario de ce « heist movie » sous tranxène pas crédible pour un sou témoigne de son époque, celle de ces traders victimes et acteurs d’un système nocif avec lequel il roule plus ou moins tant que celui-ci peut lui offrir la gloire, la beauté et des stabilo move easy. Cet étudiant idéal, ancien boursicoteur sacrifié sur l’autel de la crise au physique de chanteur de pop américaine, est un pur produit de ce milieu, même si son retour sur les bancs de l’école tente de nous vendre une innocence retrouvée. Il connait donc très bien les ruses et astuces employés par Ivan le Terrible, dont il cautionne indirectement les actes en prenant part active à son entreprise. Conscient de cet état de fait, le réalisateur tente de nous rendre acceptable, par le biais d’une voix-off d’un conformisme soporifique, cet opportunisme de circonstance qu’exprime le jeune homme. Finalement, c’est dans l’indifférence générale que le grand bluff organisé par Brad Furman, avec la complicité du tandem Brian Koppelman/David Levien (Le Maitre Du Jeu, Ocean’s 13, Les Joueurs), échoue dans le bleu turquoise bordant cette aberrante et abracadabrante escroquerie cinématographique qui, comme le dirais l’eunuque, m’en touche donc une sans faire bouger l’autre. Une donne qui ne semble d’ailleurs pas déchainer les ardeurs d’un casting excessivement mollasson, tout juste illuminé par la féline Gemma Arterton malheureusement à la tête d’un rôle de potiche juste bon à appeler du pied les pulsions sexuelles d’un Justin Timberlake totalement éteint. Le réalisateur ne se donne même pas la peine de se refaire, offrant une mise en scène au mieux transparente, au pire terriblement quelconque. Ainsi, Brad Furman a mené sa partie comme il le pouvait, mais s’est brûlé les ailes (avec un échec public retentissant à la clé) en nous faisant croire qu’il avait en main une magnifique Quinte alors qu’il ne possédait, dans son jeu, qu’une ridicule carte haute. (1/5)

Players 2

Runner Runner (États-Unis, 2013). Durée : 1h32. Réalisation : Brad Furman. Scénario : Brian Koppelman, David Levien. Image : Mauro Fiore. Montage : Jeff McEvoy. Musique : Christophe Beck. Distribution : Justin Timberlake (Richie Furst), Ben Affleck (Ivan Block), Gemma Arterton (Rebecca Shafran), Anthony Mackie (l’agent Shavers), Yul Vazquez (le délégué Herrera), John Heard (Harry Furst).

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10 commentaires

  1. Pas intéressé du tout d’autant que la bande-annonce semblait assez déjà vu et me rappelait un peu Las Vegas 21 (un jeune qui a besoin de fric, du poker, remis en selle par la justice face à un ennemi commun). Et pourtant cela partait à mon humble avis de bonnes intentions.

    1. Tu as bien raison. Las Vegas 21 est bien plus sympa que ce film raté sur les grandes largeurs. Je pense que le problème vient du personnage principal, mal écrit et pas très crédible.

  2. Pour le coup, c’est tout l’ensemble qui n’est pas très crédible. On pourrait aussi le mettre en regard du « Loup de Wall Street » pour l’argent facile (mais juste pour ça alors 🙂 ).

    1. Ce fameux Loup n’attend que d’être découvert sur mon étagère. Mais ce Players, ou là là, quel ennui !

  3. Vu, j’avais été moi aussi bien déçu. Le film t’apâte avec le sujet des casinos en ligne, on se dit qu’on va avoir quelques révélations et l’entrée dans un monde qui nous est inconnus.. C’est à se demander si le scénariste a fait seulement des recherches sur son sujet. Rien du tout, des petites combines mafieuses sans le moindre relief, et le destin inintéressant de ce petit opportunisme méprisable, dont la victoire finale est d’un cynisme à en devenir malade. Un mauvais moment…

    1. Ah, toi aussi tu t’es demandé s’il y avait une once de recherche dans ce machin. Je te rejoins également sur le dénouement, effectivement très douteux.

  4. Pas revu depuis sa sortie en salles. Des facilités, le film doit beaucoup à Affleck de mémoire mais j’en garde quand même un bon souvenirs. Il faudrait que je le revois cependant pour être plus objectif 😉

    1. Pour moi, ce fut un calvaire de la terminer. Peut-être suis-je passé à côté du film, mais j’en doute.

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