Critique : Le Labyrinthe (2014)

Le Labyrinthe 1

A maze-ing.

Minet(te) en rebellions envers le monde des adultes et leur statut d’être inopérant dans lequel ils demeurent conscrits, la littérature et le cinéma occidental tente ainsi d’exploiter ces frustrations adolescentes en retournant ces complexes sous la forme de récits fantastiques prompts à les accompagner dans leurs crises ontologiques. Dans la majorité des cas, ce type d’écriture ajustée, illustrant les grandes étapes de la vie délivre des œuvres repliées sur elles-même parce qu’il est de bon goût de se moquer de cet art. Mais parfois, cette conception peut nous réserver d’agréables surprises. Le Labyrinthe, énième adaptation d’un roman de science-fiction pour ado, aspire d’abord à évoquer la distance qui sépare l’âge ingrat de celui de raison. Le Bloc, îlot sauvage au sein duquel sont isolés les jeunes adonis, cobayes d’une mystérieuse expérience, fait ainsi face à un gigantesque labyrinthe, incarnation parfaitement classique de cette rude étape transitoire vers la maturité. L’ensemble de la première partie se rapporte alors à un vaste corridor d’initiations qui poussera la curiosité du jeune héros à vouloir pénétrer dans le sanctuaire mortel, faisant de lui, après être parvenu à écraser l’un de ses affreux gardiens, l’élu qu’une partie de la communauté souhaitait voir naitre. L’exposition de cet ordre fraternel, répondant à des règles simples – et régulièrement violées par ses membres – nous apparaitra rapidement comme une artificialité béate assortie d’une démonstration de tous les instants incarnée par des dialogues et personnages archétypaux. En outre, il manque à ce cross un éclaireur capable de prendre un peu de hauteur lorsque les griffes des monstres viennent larder le cocon de nos jeunes héros. En bref, un véritable créateur d’image. Cependant, le spectateur, celui hanté par le fantôme du marionnettiste et de l’icône glam-rock des seventies, ou bien celui emporté par la fièvre des permutations enfanter par Max Jurgen Kobbert, se laissera gentiment convaincre par l’efficacité de la narration et la solide direction artistique du tracé, quand bien même l’écheveau de mystères lui donnant ses dimensions de rhizome (l’identité de l’organisation maitresse, le rôle du héros au sein du système) semble progressivement refuser toutes sinuosités infranchissables. À l’arrivée, Le Labyrinthe change quelque peu de configuration en affirmant, par le meurtre et la violence, le sentiment d’abandon d’une génération condamné par leurs pères à devenir des êtres sacrifiables pour une plus grande cause. Un embranchement en cours d’édification qui se poursuivra sans nul doute dans sa suite, dont la sortie est dors et déjà prévue pour l’automne prochain. En attendant, on ne peut que se laisser charmer par ce qui constitue l’une des tentatives de cinéma pour teenagers les plus appréciables que l’on ait découvert cette année. (3/5)

Le Labyrinthe 2

The Maze Runner (États-Unis, 2014). Durée : 1h54. Réalisation : Wes Ball. Scénario : Noah Oppenheim, Grant Pierce Myers, T.S. Nowlin. Image : Enrique Chediak. Montage : Dan Zimmerman. Musique : John Paesano. Distribution : Dylan O’Brien (Thomas), Aml Ameen (Alby), Will Poulter (Gally), Thomas Brodie-Sangster (Newt), Kaya Scodelario (Teresa), Ki Hong Lee (Minho), Blake Cooper (Chuck).

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24 commentaires

  1. Je l’ai trouvé plutôt divertissant mais je ne suis pas plus convaincue que ça. Certes, on a envie d’en savoir plus mais il y a tellement de questions sans réponses qu’on finit par ne plus comprendre l’intrigue, les scènes d’action qui se passent dans le noir et avec la caméra qui bouge dans tous les sens c’est pas très pratique et les acteurs bof bof.

    1. C’est le genre de film qui peut prendre de la valeur en fonction de la suite qui va nous être donné. Après, franchement, niveau réalisation, je n’ai pas trouvé cela illisible. Mais cela manque d’une vraie recherche au niveau du cadrage, ça, c’est certains.

  2. Une belle bouse qui n’a déjà rien à dire dès son premier volet et se prend pour Lost ce qui n’est en rien positif. C’est mal joué, déjà vu, incohérent et la shaky cam est affreuse, on ne voit absolument rien des actions.

    1. Un commentaire conforme à l’article auquel tu avais donné naissance il y a un peu plus d’une semaine 🙂 Perso, j’y ai globalement trouvé mon compte.

  3. Ca se laisse regarder facilement, mais bon je suis pas franchement convaincue, surtout par cette fin qui frôle un peu le ridicule. C’est un bon divertissement, c’est tout, en même temps, il ne se vante pas d’être plus que cela ! Un truc qui m’agace de plus en plus, c’est ces scènes de batailles où on ne voit et ne comprend rien, le film en regorge, c’est franchement pénible ! D’après ce que j’ai compris, le film ne suit pas vraiment les bouquins, ce qui est apparemment problématique pour la suite ! On verra ce que ça donne ! 🙂

    1. Rolàlà ! Il n’y a donc vraiment que moi qui ait trouvé la réalisation un tant soit peu lisible. Décidément, je ne suis pas un homme normal…

  4. Bouh, des caméras qui se secoue dans les sens, je risque de ne pas y retrouver mon chemin dans ce labyrinthe. Dans ton très érudit article il m’a semblé lire une référence au « Labyrinth » avec Bowie ou je me goure ? un rapport quelconque ? is there life on mars ? … (je m’égare)

    1. Oui, tu as trouvée la référence ! Tu remporte donc le montant de la valise RTL s’élevant aujourd’hui à 50 centimes ! 😉
      Plus sérieusement, je ne pouvais pas ne pas le citer d’une manière ou d’une autre, les récits se déroulant dans un labyrinthe se faisant si rare au cinéma…

  5. Bon, je viens quand même m’informer des éléments que tu as apprécié dans ce cru du moment assez décrié. Sur les décors, je vais dans ton sens, le labyrinthe en impose. Hélas, m’étant surement focalisé sur mes attentes d’un remake de Cube bénéficiant de davantage de moyens (ce qui manquait à l’ancien, à savoir des effets spéciaux dignes de ce nom), voir les tribulations d’un groupe qui ne fonctionne jamais m’a vite découragé, et j’avoue avoir commencé alors à chercher davantage les défauts que les qualités. Reste que ces histoires de piqûres frisent le ridicule, et que le final avec la découverte du laboratoire vire à l’absurdité (Gally était toujours enfermé dans le labyrinthe, il me semble…). Je pense qu’on obtiendra bien davantage du geai moqueur… Et sinon, tu as tenté the giver ?

    1. J’étais prés à tenter l’aventure The Giver avant que, le jour de ma sortie ciné, la SNCF ait un retard d’une demie heure et m’oblige finalement à changer le film que je souhaitais voir. Du coup, j’avais troqué The Giver pour ce Labyrinthe 🙂

    1. Merci 🙂 Tout le monde peut ne pas aimer un film, mais je pense qu’il y en a qui tire volontairement sur l’ambulance des productions pour adolescent pour se faire bien voir.

  6. Une tentative de teen-movie certes archétypal et parfois poussif, mais effectivement (par défaut) l’un des plus intéressants qu’on ait à se mettre sous la dent.
    Je suis curieux de voir si la suite va répondre les questions posées à la fin de premier opus 🙂

  7. Bons décors et…euh… quelques moment avec des ambiances bien travaillées….c’est à peu près tout. Le reste, ça se laisse regardé, mais je n’ai jamais eu le sentiment que le film décollait vraiment. Les acteurs ont tous un charisme d’ado cliché (c’est à dire aucun) et le visuel pompe allègrement sur le Seigneur de Anneaux (première attaque du griffeur) ou Alien et Harry Potter. Je ne me suis jamais senti très concerné par le sort des personnages, mais j’admets que la fin m’a donné envie d’en savoir plus.

    1. On verra ce que nous réserve la suite, si elle saura mettre en valeur ce sympathique mais effectivement inégal premier épisode, ou si elle ne sera là que pour nous vendre le troisième volet.

  8. Ce film aurai dû s’intituler lutte dans le noir. Franchement, un film venant tout droit des States et qui soit de qualité aussi médiocre, c’est presqu’une injure. Si la suite est prévue pour l’automne prochain, faudra faire des efforts au niveau de la réalisation.

    1. Malheureusement, c’est le même réalisateur, donc la mise en scène sera sans doute du même tonneau – à moins que les vendanges se révèlent être bonnes et que cette suite ne devienne son millésime. Merci de ton passage 🙂

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