La Revue Du Béophile n°3 : Mad Max – Fury Road, Furious 7, The Second Best Exotic Marigold Hotel

On the road again !

Mad Max Fury RoadMad Max – Fury Road / Tom Holkenborg aka Junkie XL (71 min.)

Avec Junkie XL (Tom Holkenborg dans la vie civile) à la sono, c’est un tout autre kérosène que George Miller s’apprête à verser dans le moteur de son Mad Max. Succédant à Brian May et Maurice Jarre, préféré à John Powell et Marco Beltrami, l’héroïnomane des infrabasses eu un an et demi pour définir le tracé musical de ce quatrième volet. Bien connu pour ne pas être un disciple de l’économie sonore (cf. Man Of Steel, 300 Rise Of An Empire), il s’arme d’un lourd arsenal de percussions et de modules électroniques afin d’accompagner le plus efficacement possible le carnage mécanique orchestré par le cinéaste. Au final, si cette bacchanal, dans l’air du temps en parant son esthétique de la cape du Dark Knight tissé par Hans Zimmer, s’insère parfaitement dans l’environnement du film (logique lorsque l’on sait que le style du studio Remote Control tend à se jouer sur la même portée que les bruitages), elle épuise en revanche très rapidement nos esgourdes en ayant ainsi le pied lourd sur l’overdrive. On appréciera alors d’autant plus les ponctuelles haltes tragiques aux accents de Samuel Barber semé sur son chemin. (2.5/5)

 

Furious 7Furious 7 / Brian Tyler (78 min.)

Brian Tyler, compositeur historique de la franchise Fast & Furious, remet les mains dans le cambouis après avoir laissé son homologue espagnol Lucas Vidal (dont la partition demeure toujours inédite, du moins sur support physique) prendre la direction des opérations sur le précèdent épisode. Loin des rythmes brésiliens qu’il imprima au cinquième opus, ce nouveau sprint, gonflé de rifs et de blocs électroniques, s’inscrit dans ce que sa mécanique peut produire de plus massif pour le genre. Les rotatives de l’opulence symphonique fonctionne donc ici à plein régime dans une édition opulente qui repousse les limites de la brutalité orchestrale, risquant d’abîmer définitivement la motricité du score. Heureusement, les quelques jolies escapades romantiques disséminées ça et là (Awakening, Homefront, No More Funerals, Family) viennent rompre la fureur d’une composition costaude mais désormais quelque peu dépassée par l’agilité dont fit preuve Nathan Furst sur Need For Speed. (3/5)

 

The Second Best Exotic Marigold HotelThe Second Best Exotic Marigold Hotel / Thomas Newman (62 min.)

On prend les mêmes et on recommence. Thomas Newman remonte de nouveau la route des Indes, mais voyage cette fois léger, son nécessaire de couture se trouvant déjà là-bas, sur place, au pied du Marigold Hotel. Il y rejoint son ami cinéaste John Madden, avec lequel il a bien décidé de profiter des plaisirs proposés par ce pays baigné de couleurs et d’épices. En prè-retraite depuis quelques années en entretenant grassement la routine au sein de laquelle s’est enfermé son écriture, Newman se borne ainsi, une nouvelle fois, à raccommoder les anciennes pièces créées au cours de son premier pèlerinage sur une courte paire de nouveaux motifs, tout en y entremêlant une pop indienne dont la qualité de la sélection autorise l’auditeur à les écarter de son plan de visite. Une oisiveté d’autant plus aberrante pour les fans du compositeur que l’on sait son talent capable balades beaucoup plus enivrantes. Les vapeurs d’une voix féminine très « couleurs locales » et le parfum s’échappant des instruments hindous ne constitue alors qu’un maigre lot de consolation à cet oubliable périple. (2/5)

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6 commentaires

  1. Pour Max, je n’ai pas reçu le même effet que me procure parfois Hans Zimmer avec les mêmes outils. Là où chez lui cela commence sérieusement à s’essoufler, chez Junkie XL la patte est beaucoup moins mécanique et plus virulente à l’image des images. Limite il y a un rythme Mad Max. Sans compter les envolés lyriques qui ne sont pas sans rappeler Maurice Jarre. Un vrai coup de coeur.

    1. Je partage un peu ton avis dans le sens où j’apprécie plus le présent travail proposé par Junkie XL que les derniers nés de Hans Zimmer (hormis Interstellar). Néanmoins, je trouve quand même que c’est très mécanique, tout du moins qu’il n’y a pas dans ce score une alternative aux scores habituellement produits dans les ateliers du studio Remote Control.
      Concernant Maurice Jarre, je n’ai pas vraiment ressenti cette filiation à l’écoute. Allez, peut-être sur la dernière piste, Let Them Up, mais c’est bien tout.

    2. Je pense aux morceaux plus intimistes notamment celui utilisé quand Furiosa s’écroule. C’est très Laurence d’Arabie. En tous cas plus que Mad Max 3.

  2. De l’oisiveté chez Newman? Wow, ce score doit vraiment être dans ses plus mineurs alors :O

    Un trois sur 3/5 pour le Fury Road d’Holkenborg me parait beaucoup. Ça colle bien dans le film, mais l’écoute sonore solo est assez limitée (même pour ceux comme moi qui bouffent pourtant même la pire des soupes RC à pleine plâtrée). J’ose à peine imaginer la richesse orchestrale dont Powell ou encore May auraient pu produire avec un tel matériau.

    Quant à Furious 7, oui, c’est un pur plaisir coupable. Mais Tyler se donne et s’amuse dans ce qu’il fait, et ses explosions orchestrales efficaces le démontrent encore. De plus, j’aime bien les quelques reprises des thèmes du FF5. Il m’a fallu deux semaines pour m’oter « Battle of The Titans ». Heureusement en effet qu’il y’a des petits moments relatifs de calme ( le très joli « Farewell ») pour souffler entre les poussées d’adrénaline!

    1. Déjà qu’il avait enclenché le pilote automatique sur The Judge, alors imagine le résultat !

      Pour Fury Road, j’ai sans doute été un peu généreux dans ma notation, hypnotisé que j’étais par les inattendues envolées lyriques 😉

      Quant à Furious 7, en effet, Tyler fait ce qu’on attend de lui, mais j’éprouve une certaine lassitude à l’écouter (le choix éditorial de Back Lot n’arrangeant pas l’affaire). J’ai préféré Avengers: Age Of Ultron.

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