Critique : Free ! [Saison 1] (2013)

Free ! Saison 1 1

Dans le grand bain.

Après le football européen (Captain Tsubasa, Inazuma Eleven), le football américain (Eyeshield 21), le tennis (Prince Of Tennis) ou encore la boxe (Ashita No Joe), l’industrie de l’animation japonaise se jette enfin à l’eau, et Free ! de devenir le premier animé à porter les couleurs de la natation sur le petit écran. Un programme ambitieux exécuté par le studio Kyoto Animation, lequel présente un catalogue largement dominé par le genre « shojo » (manga ou animé destiné aux jeunes adolescentes). Une influence loin d’être anodine puisque, poursuivant sur cette même ligne éditoriale, il s’emploie, ici, avec une certaine ardeur, à éclabousser nos rétines du galbe de jeunes et séduisants éphèbes dont les reflets turquoises éclairant leurs regards constituent l’ultime stimulus visuel pour amener les soupirantes sur orbite. Ce soin apporté aux arabesques courant le long des muscles dorsaux, pectoraux et brachiaux de ces conquérants des eaux traduit cependant autant la volonté des créatifs à poursuivre sur cette vague, cultivant en outre une certaine ambiguïté dans le comportement des personnages (le trait d’humour autour des prénoms féminins portés par les héros, les attitudes de Rei et Nagisa) qui ne manquera pas d’abreuver l’imagination fertile des fans de yaoï (genre mettant en scène des relations de nature homosexuelle), que le formalisme d’une animation aspirant à s’approcher au plus près de la mécanique des corps étreints par la lymphe dans laquelle ils se réfugient. Pour autant, Free !, plongeant son action dans le bassin du lycée Iwatobi, dont le club de natation refait surface sous l’impulsion de quatre jeunes nageurs, n’est pas uniquement cette étendue de biceps à laquelle certains souhaitent profondément le réduire. Les scénaristes optent d’abord pour un format de douze épisodes qui le rapproche davantage des séries dramatiques que des traditionnels animés sportifs (qui en compte généralement, pour une seule saison, deux à quatre fois plus). Ensuite, sans occulter la fièvre de la compétition et la beauté de la performance relayé par un cadrage efficace, le scénario se centre avant tout sur les relations humaines en aménageant des souples permettant d’affiner progressivement la psychologie des personnages, de révéler leurs inspirations profondes et de comprendre la place qu’ils occupent dans cette formation. Ainsi, sans prendre de virages inattendues, chaque coulée opérée par cette série nous entraine de nouveau dans son puissant sillage au creux duquel le portrait de cette redoutable amitié dessinée par ces attachants athlètes conjugue avec une infinie tendresse l’effort collectif à la reconstruction affective. (3.5/5)

Free ! Saison 1 2

Free ! Iwatobi Swim Club (Japon, 2013). Format : 12 épisodes. Studio : Kyoto Animation. Réalisation : Utsumi Hiroko. Scénario : Masahiro Yokotani, Reiko Yoshida. Musique : Tatsuya Kato.

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8 commentaires

  1. Wow, ta critique m’a presque donné envie de regarder la série. Malgré leur fabuleux travail d’animation (et cela n’en est que plus rageant), je suis un peu devenue allergique au contenu des série KyoAni, alors j’hésite franchement à me lancer dans ce récit de compet d’éphèbes…

    1. Franchement, cela ne coûte rien d’essayer (la saison 1 et 2 est dispo sur Crunchyroll). Il faut dire aussi que je suis arrivé là-dessus avec un regard vierge de tout apriori, n’ayant vu aucun animé de Kyoto Animation. Enfin, si tu tentes l’expérience, tu me diras ce que tu en penses.

      Merci d’avoir inauguré ce billet qui, décidément, attire beaucoup de monde 😉

  2. Me voila arrivé au cinquième épisode, et franchement, je ne m’attendais pas à être aussi agréablement surpris. Non seulement l’animé est drôle et fichtrement bien dessiné, mais en plus il arrive à me faire regretter mes années de natation. Enfin une production de KyoAni que je ne trouve pas pompeux ou lénifiant!

    1. Heureux que tu sois, toi aussi, tombé sous le charme de cette vague d’émotion et de frisson provoqué par Free !. L’animation, les couleurs, les éclairages sont vraiment superbes, et participe pleinement à la réussite de cette série. Les personnages et leurs histoires sont en plus très attachants. Par contre, j’ai trouvé la deuxième saison un ton en dessous, même si cela reste très bon.

      Concernant Kyoto Animation, je suis en train de regarder une autre de leur production, Hyouka. Une belle découverte ! Je trouve cet animé bien écrit (surtout la philosophie de vie du personnage principal) en plus d’être graphiquement très inspiré. Mais peut-être le connais-tu déjà 🙂

  3. Je ne connais pas Hyouka, mais qui sait, je pourrais encore être surpris 🙂
    Quand à la seconde saison de Free!, j’attends déjà de voir si la fin de la première me parait suffisamment chouette pour vouloir piquer une tête de nouveau 😀

  4. Magnifique critique pour un superbe anime. Ca fait plaisir de voir qu’au milieu des décérébrées accros à la testostérone, il y a des gens capables de savourer la beauté et les véritables valeurs de cette oeuvre.

    1. Merci beaucoup 🙂
      Je dois dire que je ne suis pas un grand client des animés (et des mangas) qui font uniquement parler les poings et hurler les sabres. Un peu de sentiments, de réflexions et/ou de profondeur dramatique donne immédiatement une toute autre expérience du combat.

    2. C’est encore plus satisfaisant selon moi 🙂
      Je ne sais pas si tu as vu la saison 2, mais je la trouve encore plus profonde et réussie.

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