Critique : Le Labyrinthe – La Terre Brûlée (2015)

Le Labyrinthe 2 1Piégé.

Bien qu’ils parvinssent à s’évader du labyrinthe, l’épreuve se poursuit pour Thomas et ses camarades, ainsi que pour le spectateur qui, séduit par le canevas proposé par le premier épisode, tient maintenant à démêler les fils de l’intrigue tricotée par le romancier James Dashner. Intercepté dès leur sortie, nos héros sont désormais placés dans un refuge en attendant de recouvrir leur liberté. Mais ce point de passage n’a rien de l’aire de repos vendu par sa brochure, un maréchal des logis-chef pas tibulaire mais presque (un cliché porté par l’interprétation hiératique d’Aidan Gillen), se révélant finalement être l’anti-chambre de cette indéchiffrable expérience menée par la société Wicked. Il ne reste alors plus qu’une seule solution : partir et tenter sa chance à l’extérieur, sur la terre brulée, environnement particulièrement hostile pour des adolescents à peine sortis de leurs nids. Nos jeunes fugitifs entament dès lors un long voyage au cours duquel ils devront échapper à une somme d’éléments de langage hérités du cinéma d’anticipation dystopico-horrifique post-nuke : une nature aride et inhospitalière, une organisation liberticide, des mercenaires à l’hygiène douteuse, et des êtres humains qu’une infection a transformé en répugnant carnassiers. Du haut de ce programme au mélange pas très adroit, un demi siècle de science-fiction nous contemple, seule et unique alternative à une intrigue demeurant encore une simple hypothèse de travail. Unanimement reconnu par la communauté de fans comme le tome le plus faible de la série, son adaptation se révèle ainsi être du même niveau d’exigence. Le Labyrinthe – La Terre Brûlée ne répond à aucune des questions posées par le premier opus, et ne prolonge aucune des pistes ouvertes par le précédent épilogue. Cette encombrante faiblesse, le réalisateur, Wes Ball, tente de la dissimuler sous une pluie de scènes d’action et de poursuites infernales emballées avec l’énergie du désespoir. Mais si cette illusion fonctionne, imprimant un rythme acceptable à l’ensemble du récit, force est de constater que les 130 minutes qui lui sont allouées paraissent terriblement excessives au regard de la faible progression narrative. En espérant désormais que la conclusion raffermisse davantage le potentiel de cette trilogie. (2.5/5)

Le Labyrinthe 2 2

The Maze Runner – The Scorch Trials (États-Unis, 2015). Durée : 2h13. Réalisation : Wes Ball. Scénario : T.S. Nowlin. Image : Gyula Pados. Montage : Dan Zimmerman. Musique : John Paesano. Distribution : Dylan O’Brien (Thomas), Ki Hong Lee (Minho), Kaya Scodelario (Teresa), Thomas Brodie-Sangster (Newt), Dexter Darden (Frypan), Jacob Lofland (Aris Jones), Rose Salazar (Brenda), Alexander Flores (Winston), Giancarlo Esposito (Jorge), Aiden Gillen (Janson), Patricia Clarkson (Ava Paige), Lili Taylor (Mary), Barry Pepper (Vince).

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14 commentaires

  1. Je ne tique rien à ce film dédalesque, et ton argumentaire ne m’incite pas davantage à m’y perdre. Je laisse à d’autres le soin de percer les mystères enfouis au fond des corridors, à moins que ces derniers ne conduisent tout droit vers l’impasse d’un ultime volet dont on fera peut-être encore durer le plaisir si les spectateurs en redemandent.

    1. J’espère que les réponses m’attendront à la sortie, car pour le moment, je ne tiens pas spécialement à revenir au point de départ.

  2. Comme on dit « quand on s’est fait arnaquer une fois, on n’a pas envie de se faire plumer une seconde fois ». C’est exactement mon cas vis à vis de cette Terre brûlée qui m’inspire autant de mépris que son prédescesseur. Mais loin des salles obscures cette fois-ci. 😉

    1. Comme j’avais apprécié le premier épisode, j’ai souhaité poursuivre l’aventure. Mais je comprends tout à fait que ceux comme toi qui étaient restés au bord du chemin la première fois n’aient pas envie de réitérer l’expérience. Surtout que, au final, tu ne perds pas grand chose.

  3. Je n’étais vraiment pas tenté par cette suite, mais une amie ayant lu le livre m’avait assuré que ce post-nuke gentillet à base d’ados creux serait captivant. Elle-même à été déçue par le traitement ciné du bouquin après visionnage. :s

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