[Critique Film] Star Trek: Sans Limites (2016)

Star Trek Sans Limites 2

Une petite Enterprise.

En prenant le commandement du dernier Star Wars, J.J Abrams avait été contraint à céder sa place sur le nouveau Star Trek, dont il reste malgré tout le producteur. Ainsi, aux commandes de Star Trek: Sans Limites, nous retrouvons le réalisateur américano-taïwanais Justin Lin, ordonnateur de certaines des chevauchées mécaniques composant la saga Fast & Furious. Un choix surprenant tant son cinéma, carburant aux hormones bovines et au Diesel, se situe à des années lumières de celui, beaucoup plus sensible et délicat, de son prédécesseur.

Et aussi étonnant que cela puisse paraitre compte tenu du pedigree du bonhomme, ce troisième volet, qui voit l’équipage de l’Enterprise dispersé au quatre coin d’une planète lointaine et hostile, peine véritablement à repousser les limites posées par les deux précédents en ne parvenant jamais à approcher la lisibilité et l’intensité dramatique qu’avait atteint le très décrié Into Darkness. La faute à quelques avaries d’ordre technique (les séquences en basse lumière, le néant intersidéral en matière de photographie) mais surtout à un récit qui, traversé par cette obsession de la mort et de l’éternité, fait peu de cas de l’examen de conscience qu’il impose pourtant à Kirk et Spock, tout deux interrogeant leurs existences respectives au sein de la Starfleet et de l’Univers. Fort heureusement, cette odyssée spatiale maintient un rythme de croisière acceptable pour un divertissement, comptant parmi ses soutiens les tourbillonnantes envolées orchestrales de Michael Giacchino et l’humour « Cornetto » de Simon Pegg, qui revêt pour l’occasion la casquette de co-scénariste. Une mécanique qui n’est pas sans rappeler les fondamentaux de la Next Generation, époque où le prosaïsme des enjeux se dissimulaient plus ou moins efficacement dérrière un rythme trépidant, l’héritage musical de feu Jerry Goldsmith, et le crâne rutilant du capitaine Picard.

Mais finalement, Sans Limites se résout, dans sa seconde partie, à revenir vers ces dimensions idéologiques et morales que tutoyaient deux opus réalisés par Abrams, ainsi que les meilleurs épisodes de l’ère Nimoy/Shatner. Ce nouveau départ, qui voit la féline Jaylah se faire éjecter de l’intrigue, oppose les idéaux démocrates qu’incarne l’organisation Starfleet (l’union fait la force) aux aspirations républicaines (nationalisme et bellicisme) que cultive le personnage Krall, dont la véritable identité relancera tout autant la portée du film que celui d’un bad-guy aux motivations jusqu’alors bien pauvres. Un sursaut tardif, insuffisant cependant pour tirer définitivement vers le haut un épisode sympathique mais qui parvient difficilement à prendre son envol. (3/5)

Star Trek Sans Limites 1

Star Trek: Beyond (États-Unis, 2016). Durée : 2h02. Réalisation : Justin Lin. Scénario : Simon Pegg, Doug Jung. Image : Stephen F. Windon. Montage : Greg D’Auria, Dylan Highsmith, Kelly Matsumoto, Steven Sprung. Musique : Michael Giacchino. Distribution : Chris Pine (le capitaine James T. Kirk), Zachary Quinto (Spock), Karl Urban (le docteur McCoy), Simon Pegg (Montgomery « Scotty » Scott), Idris Elba (Krall), Sofia Boutella (Jaylah), John Cho (Sulu), Zoe Saldana (le lieutenant Uhura), Anton Yelchin (Chekov).

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17 commentaires

  1. Me voilà averti donc sur ce troisième volet qui prolonge deux autres sur lesquels je n’ai toujours pas pris la peine de m’attarder. A ma grande honte, ma culture trekkiste est encore « into darkness », réduite au tandem Shatner/Nimoy évoqué plus haut, contraintes aux odyssées sur petit écran (même pas vu la première adaptation ciné pourtant signée du grand Robert Wise). Que de chemin il me reste à parcourir ! encouragé néanmoins par tes conseils sans limite.

    1. Pas grand chose à retenir du cru du réalisateur du Jour où la Terre s’arrêta, à part de belles images. C’est vraiment avec La colère de Khan que les films vont commencer à être intéressant et parfois majeur.

  2. Perso, je me suis arrêté au premier film réalisé par Abrams. Toujours pas vu le second mais pourquoi pas. Une franchise qui risque de durer comme l’atteste (visiblement) l’intrigue de ce 3e volet

    1. Le second opus divise, mais je fais partie de ceux qui l’apprécie. Je te le conseille donc davantage à ce Sans Limites qui ne présente que peu d’intérêt.

  3. Il faudrait peut-être que je vois les deux précédents, car je ne connais pas assez l’univers pour pouvoir en dire quoique ce soit. Mis à part peut-être que, bien que sympathique, j’ai trouvé tout cela un peu mou, et je rejoins ce que tu en dis. Mention spéciale à mon mal de crâne, causée par les scènes d’actions que j’ai trouvées vraiment illisibles. C’était bien dommage 😦

  4. Pegg étant très critique de la sphère geek, j’étais curieux de voir ce qu’il apporterait à la licence. Mais même malgré sa patte d’excellent scénariste, je ne suis vraiment pas tenté par l’expérience. En même temps, je dois avouer que les deux précédents opus ne m’ont pas franchement transportés.

  5. J’ai été plutôt agréablement surpris par le film qui tient bien la corde grâce à son scénario certes simple mais appliqué. L’humour et les acteurs donnent le change avec plaisir malgré des séquences d’action souvent illisibles.

  6. Une nouvelle aventure bien plus fun, divertissante et surtout pertienente qu’Into darkness qui lui, à mon sens, était en pilotage automatique (même s’il était bon). Justin Lin a réussi à passer plus que correctement derrière JJ Abrams et l’aventure s’avère simple mais bien amené. On repart sur des aventures stand alone, moins reliées entre elles comme c’était le cas avant. Il y a eu le cycle Abrams, désormais on se rapprochera plus de ce qui se faisait autrefois. Par ailleurs, j’ai eu la chance de le voir en IMAX 3D et malgré ma fatigue (levé à 2h50 du mat), c’était monumental et un vrai plaisir pour les yeux.

  7. C’est vrai que l’humour façon bloody ice cream trilogy est bien plus présent dans cet opus que dans les anciens. Ça ajoute un peu de fraicheur au film qui traite régulièrement en effet des mêmes thématiques à savoir les questions existentielles de Spock et Kirk.

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