Bande Originale : Zootopia

Michael Giacchino et la ménagerie urbaine.

ZootopiaZootopia

Compositeur : Michael Giacchino

Durée : 63 min. / 22 pistes

Éditeur : Walt Disney Records

Illustre sociétaire du studio Pixar pour lequel il signa parmi ses plus belles partitions (The Incredibles, Ratatouille, Up, Cars 2, et plus récemment Inside Out), le très convoité Michael Giacchino est appelé aujourd’hui par la maison Disney et son directeur artistique, John Lasseter, afin de mettre en musique leur dernière production, Zootopia, sautillant récit d’investigation jeté dans la faune d’une tour de Babel dont l’harmonie inter-espèce se révèlera un éblouissant mirage social. Un projet que le compositeur semble avoir envisagé comme une récréation après une année 2015 fleurissante (Jupiter Ascending, Tomorrowland, Inside Out et Jurassic World) et que l’on lui imagine particulièrement éreintante. Un choix artistique que la chanson titre interprétée par Shakira, volcanique colombienne dont le déhanché fut exporté sur tous les fronts et accommodé à toutes les sauces (Orientales, Latines, Africaines), et totem de l’internationalisation culturelle, lui a sans doute inspiré.

Sur sa large palette, Giacchino mélange les teintes qu’il a pioché au quatre coins du globe, lovant l’effervescence urbaine dans un pétillant funk, accordant le vocable d’une venimeuse musaraigne aux trémolos d’une mandoline au dessus desquels plane l’influence du Godfather Nino Rota, tapissant une bacchanale naturiste de motifs indiens tiré de son Ghost Protocol, et faisant sonner la corne de bélier au cours d’une foudroyante poursuite au cœur d’une forêt équatoriale (fabuleux Case Of The Manchas). Avec son aisance orchestrale habituelle, Giacchino, passé maître dans l’art de manier les formes, dresse ici un large nuancier de tons et d’émotions figurant la coexistence zoogéographique à l’œuvre au cœur de cette métropole, laissant sa folie créatrice filer à toute allure sans forcément chercher à la canaliser par un de ces traits d’union mélodiques dont il a le secret, confirmant ainsi le caractère brouillon et anecdotique qui présidait à l’issue du film. Zootopia, la musique, se présente finalement moins comme une partition d’exception que comme un joyeux barnum – ce qui le distingue des scores monotones produit pour les récentes productions Disney. (3.5/5)

Zootopia 1

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4 commentaires

  1. A l’école de mon petit fils ils ont eu la « bonne idée » de les emmener mercredi voir le film (classe des 7 à 8 ans)
    Résultat des courses : le lendemain près de la moitié avait fait des cauchemars !!!

  2. Il faut reconnaitre que Giacchino – après sa suite de scores bombastiques – sait toujours autant se réinventer à chaque score. On y retrouve la même intensité comique et couleur ethno-zoologique que dans son très bon score pour le méconnu « Land of The Lost 😀
    En effet, Giacchino coiffe aux poteaux ses prédécesseurs, Disney aurait bien besoin de redonner illico du bolot à Debney et JNH.

    1. Tu as tout à fait raison ! Giacchino sait s’adapter, se réinventer et ménager quelques pauses dans sa discographie.
      Concernant Debney, j’ai eu quelques retours concernant son Jungle Book. Gentiment « old-school » et subtilement tribale, mais rien de très sensationnel.

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